La DUE engagée dans la campagne de lutte contre les violences basées sur le genre en Côte d’Ivoire

Les violences basées sur le genre (VBG), qu’elles soient commises en situation de guerre, de paix, de catastrophe naturelle ou post-conflit, interpellent de par leur gravité, l’ensemble des Etats. En réponse à ces formes de violences, la communauté internationale, pour laquelle leur éradication ou la réduction de leur ampleur constitue une préoccupation majeure, organise chaque année, une campagne mondiale dénommée « 16 jours d’activisme contre les VBG ».

LES ADOLa Côte d’Ivoire n’a pas dérogé à cette règle mondiale et l’UE s’est activement engagée dans la lutte en prenant activement part à la journée d’activisme qui s’est déroulée le 7 décembre à Daloa.

Ainsi, à travers son ministère de la Promotion de la femme, de la Famille et de l’Enfant, il y a eu la journée de sensibilisation d’acteurs judiciaires, communautaires et religieux  pour une meilleure sensibilisation contre les mariages précoces et toutes les formes de VBG. Cette a vu la participation des PTF dont l’UE, ONUFEMME, UNFPA, UNICEF, CARE. Cette activité a permis de démontrer l’engagement des PTF auprès de la Côte d’Ivoire dans la lutte contre les VBG,  de contribuer à présenter aux communautés, les outils de renforcement de la prise en charge judiciaire des survivants de VBG. En soulignant l’engagement des services juridiques, de la police et de la gendarmerie ainsi que de la santé dans la lutte contre ces violences et dans la prise en charge des victimes. Des unités spéciales,  sont créées pour traquer les personnes qui sont responsables des VBG.

LES OFFICIELS ET PTF LORS DE LA CÉRÉMONIE A DALOA LE 07 DÉCEMBRE 2017
Journée de l’activisme à Daloa: tribune des PTF

La Délégation de l’Union européenne était représentée au plus haut niveau par M. Charles Raudot de Chatenay, Chef de section Economie, Gouvernance, Secteurs Sociaux.

Les PTF lors de la journée de l'activisme à Daloa
La présidente de l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire, Mme Aimée Zébéyoux à droite du représentant de la DUE, M. Charles Raudot de Chatenay

La violence à l’égard des femmes et des filles est l’une des violations des droits fondamentaux les plus fréquentes dans le monde. Elle ne connaît pas de frontières, qu’elles soient économiques, sociales ou géographiques. À l’échelle mondiale, on estime qu’une femme sur trois sera victime de violences physiques ou sexuelles au cours de son existence. Bien que la violence sexiste mette en péril la santé, la dignité, la sécurité et l’autonomie de ses victimes, elle reste entourée d’une culture du silence. Elle a parfois des conséquences graves sur la santé sexuelle et reproductive des victimes : grossesses forcées et non désirées, avortements dangereux, fistules traumatiques, infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH, allant même jusqu’à leur décès.

L’UE est l’un des principaux organismes chargés de faire progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et de faire face aux conséquences physiques et émotionnelles de la violence sexiste. C’est pour cette vision que la DUE a financé la visibilité de l’action à travers le Projet d’Appui à la Redynamisation du secteur de la Santé Ivoirien (PARSSI)

Allocution de la DUE
Adresse du Représentant de l’UE Charles Raudot De Chatenay, à l’endroit de l’auditoire pour le lutte contre les mariages précoces et la déscolarisation des filles

Le représentant de l’Union européenne, partenaire technique et financier de l’activité, Charles Raudot de Chatenay, s’est réjoui de la mobilisation des femmes et des hommes à cette cérémonie.

REMISE EQUIPEMENT AU PREFET PAR CHARLESIl a souligné que cette sensibilisation doit être l’affaire particulièrement des hommes afin que ceux–ci se rendent compte de l’importance du vivre en paix dans un environnement juste et respectueux des femmes et des filles. Il a indiqué que « Ce qui compte, c’est l’éducation et la sensibilisation de chacun de nous, en particulier des jeunes garçons, afin qu’ils portent sur la jeune fille un regard respectueux et d’amour », a-t-il conclu avant de procéder au nom de tous les PTF, à la remise officielle des équipements aux forces de l’ordre et aux brigades qui en charge de la répression contre les VBG.

 

Allocution des juristes
La présidente de l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire, Aimée Zébéyoux

La présidente de l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire, Aimée Zébéyoux, a sollicité l’engagement des hommes dans la lutte contre les violences faites aux femmes, lors de la célébration de la journée de sensibilisation et de mobilisation contre les violences basées sur le genre (VBG) jeudi à Daloa.

« Aujourd’hui, on veut un engagement surtout des hommes et c’est cela qu’il faut noter. Le président de la République, le 27 novembre, a donné son engagement officiellement et il œuvre  activement pour de la défense des droits des femmes et de l’égalité des sexes, et c’est cela qui est important », a déclaré Mme Zébéyoux.

Elle a également exhorté les chefs religieux et traditionnels à comprendre que cette pratique est néfaste pour la santé de la femme et agit sur son autonomisation, les invitant à faire en sorte que l’éducation de base de la jeune fille et du jeune garçon se déroule dans les mêmes circonstances.

ALLOCUTION DU PRÉFET
Préfet de la région du Haut-Sassandra, Bako Anatole Privat Digbé

La cérémonie présidée par le préfet de la région du Haut-Sassandra, Bako Anatole Privat Digbé, a été l’occasion de donner des témoignages de mariages précoces dans certaines familles. Il a reçu de la part des PTF un lot d’équipements biomédicaux pour le renforcement des capacités opérationnelles des brigades de veille contre les VBG dans la région du Haut-Sassandra.

Des thèmes sur les différentes catégories de VBG, la répression des violences et les voies de recours ouvertes aux survivantes ont été présentés. L’accent a été mis sur le viol, les mariages forcés, les violences physiques et leurs conséquences au niveau de la santé en cas de grossesse chez les adolescentes  qui occasionnent des risques de forte mortalité maternelle et néonatale, les fistules et les traumatismes psychologiques). Les échanges qui ont suivi, ont permis aux participants d’être mieux éclairés sur ces violences qui constituent une violation des droits humains des femmes et des filles.

DIGNITAIRES RELIGIEUX ET COUTUMIERSTous les intervenants à cette activité ont exhorté les leaders communautaires et les guides religieux à dénoncer ces violences aux conséquences néfastes et à protéger les femmes et enfants de tous les abus.