Présentation du projet

carte-ciAvec une population estimée en mai 2014 par le dernier Recensement General de la Population et de l’Habitat (RGPH) de la Côte d’Ivoire à 22.671.331 habitants, la Côte d’Ivoire est composée 51,7% d’hommes et 48,3% de femmes. La population vivant en milieu urbain est de 50,2%, le pays connait un fort taux d’immigration, la population non-nationale est estimée à 24,2% de la population totale.

La proportion de la population vivant en dessous du seuil national de pauvreté reste élevée, passant de 32,3% en 1993 à 48,9% en 2008 (ENV 2008) puis à 46,3% en 2015 (ENV 2015). En 2015, le taux de pauvreté en milieu urbain est de 35,9% contre 56,8% en milieu rural. L’espérance de vie à la naissance est de 54,3 ans en 2015 avec respectivement 53,4 pour les hommes et 55,2 pour les femmes. La population est très jeune, un ivoirien sur deux a moins de 20 ans et près de deux ivoiriens sur trois ont moins de 25 ans.

Depuis quelques années, la Côte d’Ivoire a entrepris de nouvelles réformes dans le secteur de la santé, portant sur (i) la réforme hospitalière; (ii) le financement basé sur la performance ; (iii) la décentralisation sanitaire ; (iv) l’organisation des interventions à base communautaire ; (v) Les reformes et autonomisations au niveau du secteur du médicament ; (vi) la couverture maladie universelle (CSU). Ces stratégies visent à améliorer l’accessibilité des populations grâce une offre de services et de soins de qualité, particulièrement pour les populations vulnérables et cela dans le respect de la pyramide sanitaire. Dans cette optique, en plus de la mesure de gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, un régime de couverture du risque maladie dénommé Couverture Maladie Universelle (CMU) a été adopté en 2014 par le Gouvernement en complément des régimes classiques de protection sociale.

Objectifs

C’est dans ce contexte que les missions successives d’études de faisabilité du PARSSI ont abouti à l’identification des trois axes d’intervention qui doivent se potentialiser pour atteindre l’objectif général qui est définit comme suit : « Contribuer à la lutte contre la pauvreté par la redynamisation du système de santé ivoirien et l’amélioration de l’état de santé des populations ivoiriennes, en particulier des plus vulnérables (en considération du genre) ». Le projet contribue ainsi à l’avancée vers l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (notamment les OMD 4, 5 et 6), en particulier de contribuer à réduire la mortalité maternelle et infantile.

Dans l’objectif de réduire la mortalité maternelle et infantile, des missions successives d’analyse et de reformulation du Projet d’Appui à la redynamisation du Secteur de la Santé Ivoirien (PARSSI) 10 FED, ont abouti à l’identification des axes prioritaires des termes de référence du PARSSI en 3 volets : appui institutionnel (i) ; appui aux médicaments (ii) ; appui aux établissements à base communautaire (iii)

De manière plus spécifique, l’objectif est défini comme suit : « Améliorer l’efficacité et l’accès aux soins des populations les plus défavorisées dans les établissements sanitaires de premier niveau dans les zones ciblées (Abidjan, Bouaké, Man, San-Pedro).

Résultats attendus

Les résultats attendus par volet sont les suivants :

Volet 1 : Les capacités en matière de politiques sectorielles, d’encadrement du système de santé, de coordination des appuis extérieurs techniques et financiers et de contractualisation de l’offre de soins privée lucrative et non lucrative sont renforcées aux différents niveaux de l’administration sanitaire (central, régions et districts ciblés).

Ce premier volet de l’intervention s’intègre dans la logique de décentralisation et de contractualisation choisie par l’Etat ivoirien. Le MSHP sera en mesure de renforcer le cadre contractuel du secteur privé – avec ou sans but lucratif – ainsi que les outils de contrôle et de coordination de l’ensemble des unités de prestation de soins et de services.

L’appui à la capacité du MSHP à définir et à mettre en œuvre ses politiques sanitaires et à coordonner le secteur de la santé, va dans le sens de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide et d’une approche sectorielle plus efficiente à travers des mécanismes forts de coordination, d’alignement sur les priorités nationales et de redevabilité, un financement consolidé. A l’issue de la mise en œuvre de ce volet, deux principaux résultats sont à atteindre :

Résultat 1: les capacités d’orientation stratégique du secteur et le leadership du MSHP sont renforcés.

Résultat 2: les capacités de planification opérationnelle et budgétisation, contractualisation, régulation et contrôle sont renforcées au niveau central et à tous les niveaux de l’administration sanitaire dans les zones ciblées.

Volet 2 : La gestion et la performance de la Direction de la Pharmacie et du Médicament (DPM) et de la Pharmacie de Santé Publique (PSP) (structures en charge de la régulation, de l’approvisionnement et de la distribution du médicament) sont améliorées.

Le second volet adresse les manques fréquents du Médicament Essentiel dans les formations sanitaires du réseau des Soins de Santé Primaire, un problème qui a un impact négatif sur l’offre des soins, l’accessibilité financière et la viabilité des structures clientes de la N-PSP. D’autres difficultés, comme la politique des prix et l’homologation des médicaments, sont également adressées par le projet. Le projet contribuera aussi à la réorganisation de la DPML de façon à la rendre plus efficace dans la mise en œuvre de ses mandats.

Ce renforcement du secteur médicament présuppose néanmoins une volonté de l’Etat de réorganiser la N-PSP (déjà fait) et la DPML pour lui conférer une plus grande autonomie décisionnelle. A l’issue de la mise en œuvre de ce volet, les deux principaux résultats à atteindre sont les suivants :

Résultat 3 : Le cadre d’organisation et les outils des services de la DPM sont renforcés et mis en adéquation avec ses missions.

Résultat 4 : La gestion, l’organisation et les outils techniques de la N-PSP sont renforcés et mis en adéquation avec ses missions, les appuis techniques nécessaires à la réforme de la N-PSP sont déployés et ont contribué à sa réorganisation.

Volet 3 : L’offre de soins au niveau primaire des établissements à but non lucratif (ESBC) en lien avec le district sanitaire est renforcée et étendue dans les régions et districts sanitaires ciblés.

Le troisième volet est la pierre angulaire du projet. il vise à consolider l’expérience des ESBC en Côte d’Ivoire qui ont été initiés par la coopération française dans les années 96-98 en vue de pallier l’absence de structures de premier contact au niveau de la capitale économique. L’action est essentiellement mise en place grâce à une redynamisation du réseau d’offre de soins non lucratif et à un subventionnement des structures de soins. les conditions précises de cette inclusion devront être définies au démarrage du projet par des lignes directrices à élaborer. A l’issue de la mise en œuvre de ce volet, un seul résultat est à atteindre :

Résultat 5 : Les capacités des Etablissements Sanitaires à Base Communautaire (ESCom) bénéficiaires des subventions ont été renforcées, leurs performances se sont améliorées et leur contractualisation et mise en réseau au niveau locale sont effectives.

 

Annonce du lancement du projet lors d'un entretien télévisé le 22 juin 2012